« L'euro numérique va permettre au gouvernement de surveiller tous mes achats. La BCE aura accès à toutes mes transactions. »
Faux, selon la conception prévue par la BCE. L'Eurosystème ne pourrait pas relier un paiement à une personne. Votre prestataire de paiement vous connaîtrait, comme votre banque aujourd'hui. Hors ligne, seuls le payeur et le bénéficiaire connaîtraient le paiement.
La BCE pourrait-elle voir vos achats ?
Selon la BCE, non. Pour les paiements en ligne, l'Eurosystème ne serait pas en mesure d'identifier les utilisateurs qui effectuent ou reçoivent des paiements. Il ne pourrait pas établir de lien direct entre une transaction, en ligne ou hors ligne, et la personne concernée.
« Dans le cas de paiements hors ligne, seul le payeur et le bénéficiaire connaîtraient les détails de la transaction. »
Qui verrait quoi ?
Paiement hors ligne
Proche des espèces
- Le payeur et le bénéficiaire connaissent le paiement
- Contrôles anti-blanchiment : au chargement et au retrait du compte hors ligne
- Plafonds : en négociation
Paiement en ligne
Comme un compte, sans la BCE
- Votre prestataire de paiement vous identifie (lutte contre le blanchiment)
- La BCE ne peut pas relier le paiement à vous
- Plafond de détention : montant en négociation
Source : BCE, questions fréquentes sur l'euro numérique (question 9).
Pourquoi la méfiance est compréhensible
Se méfier est raisonnable. Les fuites de données et la collecte commerciale d'informations personnelles sont des réalités. La question utile n'est pas « faut-il faire confiance ? », mais « qu'est-ce qui est prévu, et qu'est-ce qui reste à décider ? ».
L'euro numérique n'est pas le yuan numérique. Il serait créé par un règlement européen, adopté par le Parlement européen et le Conseil, soumis au droit européen de la protection des données et au contrôle de la Cour de justice de l'UE.
Ce qui reste à décider
Les règles de confidentialité ne sont pas encore votées. Elles figureront dans le règlement que le Parlement européen et le Conseil de l'UE négocient depuis juillet 2026. Le Parlement veut que les transactions soient vérifiées sans divulguer de données personnelles, traitées seulement si c'est strictement nécessaire. Le Conseil prévoit un degré élevé de respect de la vie privée. C'est le texte final qui fixera ce que les prestataires et les banques centrales pourraient traiter.
Sources : Parlement européen, communiqué du 9 juillet 2026 ; Conseil de l'UE, communiqué du 19 décembre 2025.
Les autorités pourraient-elles bloquer des euros numériques ?
Comme pour un compte bancaire, les règles de lutte contre le blanchiment et les décisions de justice s'appliqueraient. L'euro numérique ne serait pas hors du droit commun, ni au-dessus. Ce qui change, c'est que la BCE elle-même ne connaîtrait pas l'identité des personnes derrière les paiements.
Ce que vous devez retenir
- La BCE ne pourrait pas relier un paiement à une personne, selon la conception qu'elle décrit.
- Hors ligne, la confidentialité serait proche des espèces, sans être un anonymat total.
- En ligne, votre prestataire de paiement vous identifierait, comme votre banque aujourd'hui.
- Les règles ne sont pas encore votées : elles se négocient entre le Parlement et le Conseil.
Questions fréquentes
La BCE collecterait-elle des données personnelles sur les utilisateurs ?
Selon la BCE, pour les paiements en ligne, l'Eurosystème ne serait pas en mesure d'identifier les personnes qui paient ou reçoivent, ni d'établir de lien direct entre une transaction et une personne. Votre prestataire de paiement, lui, vous identifierait, comme votre banque aujourd'hui.
Les paiements seraient-ils anonymes ?
Pas entièrement. Hors ligne, seuls le payeur et le bénéficiaire connaîtraient le paiement, comme avec des espèces. En ligne, votre prestataire de paiement vous identifierait pour lutter contre le blanchiment.
Les règles de confidentialité sont-elles déjà votées ?
Non. Elles figureront dans le règlement que le Parlement européen et le Conseil de l'UE négocient depuis juillet 2026. Le Parlement veut que les transactions soient vérifiées sans divulguer de données personnelles ; le Conseil prévoit un degré élevé de respect de la vie privée.
Sources
Sources : Banque centrale européenne, Banque de France, Parlement européen, Commission européenne. Consultez la liste complète de nos sources et notre méthode. Une erreur ou une information dépassée ? Signalez-la, on corrige et on le publie.