Vos questions, nos réponses.
Une réponse courte et sourcée à chaque question, et un lien pour aller plus loin.
Quand arrive l'euro numérique en France ?
Pas avant 2029. La BCE vise une première émission en 2029, à condition que le règlement soit adopté. Le Parlement européen et le Conseil de l’UE négocient le texte depuis juillet 2026. Avant cela, un pilote de 12 mois commencera au second semestre 2027, réservé au personnel des banques centrales, dont la Banque de France, et à des commerçants sélectionnés.
L'euro numérique a-t-il été adopté ?
Non. Le 9 juillet 2026, le Parlement européen a seulement autorisé l’ouverture des négociations avec le Conseil de l’UE, par 416 voix pour et 169 contre. Ce vote fixe la position que les députés défendent, pas le texte final. Le règlement doit encore être négocié, puis adopté formellement par le Parlement et par le Conseil.
Est-ce que l'euro numérique sera obligatoire ?
Pas pour vous : ce serait un moyen de paiement de plus, que vous pourriez ne jamais utiliser. L’obligation viserait les commerçants et les banques. Selon la BCE, la proposition prévoit que les commerçants qui acceptent les paiements numériques l’acceptent aussi, et que les banques le proposent à leurs clients. Le Parlement veut exempter les petites entreprises qui n’acceptent aucun paiement numérique.
L'euro numérique va-t-il remplacer l'argent liquide ?
Non. Selon la BCE, l’euro numérique coexisterait avec les espèces, sans s’y substituer, et les billets et les pièces garderaient leur cours légal. Le Parlement européen veut même obliger les pays de la zone euro à garantir l’accès aux espèces, et empêcher les entreprises de refuser les paiements en liquide.
L'État pourra-t-il voir mes achats ?
Selon la BCE, non. En ligne, l’Eurosystème ne pourrait pas identifier qui paie ou reçoit un paiement ; seule votre banque vous connaîtrait, comme aujourd’hui pour votre compte, pour lutter contre le blanchiment. Hors ligne, seuls le payeur et le bénéficiaire connaîtraient les détails du paiement, comme avec des espèces.
Combien d'euros numériques pourrai-je détenir ?
Le montant n’est pas encore fixé. La détention serait plafonnée par personne, pour éviter que l’argent quitte massivement les banques. La BCE a fait ses calculs avec 3 000 €, mais ce chiffre n’est pas dans la loi, et le Parlement et le Conseil négocient encore qui fixera le plafond. Un compte relié à votre compte bancaire permettrait de payer au-delà.
L'euro numérique est-il une cryptomonnaie ?
Non. L’euro numérique serait de la monnaie de banque centrale, émise et garantie par l’Eurosystème, avec cours légal : un euro numérique vaudrait toujours un euro. Les cryptomonnaies comme le bitcoin ne sont adossées à aucune institution et leur cours varie. L’euro numérique ne reposerait pas non plus sur une blockchain, mais sur une plateforme centralisée.
L'euro numérique sera-t-il payant ?
Les services de base seraient gratuits pour les particuliers. Selon la BCE, l’euro numérique serait un bien public : ouvrir un compte, détenir des euros numériques et payer ne vous coûteraient rien. Les banques pourraient en revanche facturer des services supplémentaires, comme les paiements conditionnels.
Pourra-t-on payer en euro numérique sans Internet ?
Oui. L’euro numérique fonctionnerait hors ligne, de téléphone à téléphone, sans connexion. Selon la BCE, ce mode offrirait une confidentialité proche des espèces : seuls le payeur et le bénéficiaire connaîtraient la transaction. Le Parlement européen et le Conseil prévoient tous deux une version en ligne et une version hors ligne.
Mon argent en euro numérique peut-il expirer ?
Non. Selon la BCE, l’euro numérique ne serait jamais une monnaie programmable, c’est-à-dire limitée dans le temps, le lieu ou les achats possibles, comme un bon d’achat. La proposition de règlement de la Commission européenne va dans le même sens. Il pourrait seulement servir à des paiements conditionnels que vous choisissez, comme payer à la livraison.